Équipe de France de ski nordique :  une avancée à tâtons

Équipe de France de ski nordique : une avancée à tâtons

Classé dans : SKI NORDIQUE
Dans une saison complètement chamboulée avec l’annulation de la coupe du monde et le report des championnats du monde, l’Équipe de France de ski Nordique s’est retrouvée à Bessans en Savoie du 3 au 13 décembre pour un stage de préparation qui a été relocalisé en espérant un avenir plus précis.
© Adrien Soulie

L’Équipe de France de ski Nordique avait rendez-vous à Bessans pour un stage de préparation du 3 au 13 décembre. Tout au long de la pré-saison, il a fallu trouver de nouvelles solutions et s’adapter à la crise sanitaire en vue de cette saison si particulière. Alors qu’à cette période de la saison les stages ont la coutume de se dérouler à l’étranger pour avoir des conditions idéales (Scandinavie notamment), les biathlètes français ont tout de même pu s’entraîner grâce aux bonnes infrastructures de la station de Haute Maurienne.  « C’était un des seuls sites [français] où ça skiait déjà en novembre, explique Vincent Duchène, entraîneur de l’Équipe de France de ski nordique handisport. En plus, on a eu des supers conditions avec de la neige qui est tombée jute avant qu’on arrive. »

C’est le deuxième stage où les biathlètes se réunissent. Un ultime regroupement qui a permis aux membres de l’équipe de se retrouver et de bien travailler pour lancer l’hiver. « C’est toujours plus facile de s’entraîner en groupe, déclare l’entraîneur. Ça évite la monotonie, d’être tout seul, toujours sur la même piste. Ça crée une émulation aussi, c’est important pour l’esprit d’équipe et moi ça me permet d’être plus présent pour axer sur certaines spécificités de l’entraînement et donc d’être plus performant. » Les stages sont un excellent moyen de s’entraîner de façon optimale. « C’est bien car ça augmente l’exigence que chacun se met », analyse Anthony Chalençon, biathlète non-voyant. Au-delà des athlètes, l’entraîneur, les techniciens et kinésithérapeutes ont également la possibilité de retrouver l’ensemble du groupe et de travailler avec tout le monde.

Se concentrer sur les détails

Anthony et Alexandre à Autrans au tir © Adrien Soulie

L’absence de compétitions est un crève-cœur pour tout sportif. La confrontation manque et cela ne permet donc pas de se jauger face à ses rivaux. À près d’un an des Jeux Paralympiques de Pékin, le programme a été modifié et une réorganisation a été nécessaire afin de préparer au mieux cet objectif majeur. « On a dû recentrer les objectifs de chaque athlète, indique Vincent Duchène. On va en profiter pour travailler un maximum sur les skis, sur la technique, la coordination… Des détails qu’avec les compétitions on a un peu plus de mal à faire. On va essayer de peaufiner certains points tout en gardant ce qui a été acquis durant la préparation estivale. »

Les biathlètes ont même prévu de s’aligner sur des compétitions valides. Benjamin Daviet va par exemple se confronter aux jeunes et seniors biathlètes sur les Coupes de France. « L’objectif se sera d’aller titiller certains jeunes, ajoute-t-il. Ce qui va beaucoup changer, c’est qu’il n’a pas l’habitude du tir debout et du tir à 50 mètres car lui c’est à 10m. Il a un peu moins d’automatismes, mais c’est un beau challenge. »

Pour Anthony Chalençon, ce sera des courses de ski de fond afin de bien travailler sur les spatules. Le Haut-Savoyard pourra s’appuyer sur d’autres repères que lui apporte l’Équipe de France : « Moi, j’ai Benj’ (Benjamin Daviet), j’ai un petit repère par rapport à lui. On a aussi noté les chronos de l’année dernière donc tu peux voir à peu près où tu en es. Mais sinon, il va falloir se faire confiance ! » Le groupe France attend également des nouvelles de la Fédération Internationale de Ski qui essaye de mettre en place une ou deux manches de coupe du monde pour fin février, début mars. Une étape qui pourrait soulager les biathlètes et savoir un peu plus où ils en sont pour envisager un avenir un peu plus radieux.

Rédaction : M. Pimont